Les origines de la pédagogie Steiner-Waldorf
Une première école pour les enfants d’ouvriers
En 1919, il donne des conférences sur la tripartition de l'organisme social, c’est-à-dire l’équilibre de la société autour de la vie spirituelle, de la vie politique et de la vie économique. Il entre alors en contact avec le propriétaire de l’usine Waldorf-Astoria, située à Stuttgart en Allemagne. « Ce dernier l’a invité à prendre la direction d’une école pour les enfants de ses ouvriers. Et pour l’époque, elle était révolutionnaire, insiste Patricia Chalet. D’une part elle était mixte et d’autre part elle enseignait le même programme aux filles et aux garçons. » La pédagogie prend alors le nom de Steiner-Waldorf et se répand dans le monde entier au fil des décennies.
Un cycle en 3 temps
Cette pédagogie participe au mouvement de l’éducation dite « alternative » ou « nouvelle ». Elle accompagne l’enfant dans la découverte de ses capacités et de la place qu’il souhaite occuper dans la société – une notion plus importante que l’accumulation des connaissances. Steiner prône l’écoute du rythme des élèves et leur autonomie pour les rendre plus réceptifs aux apprentissages. On les laisse décider de faire ou non certaines activités dans l’école et les enseignements leur sont proposés au moment le plus approprié de leur développement.
Pour révéler le potentiel de chaque enfant et respecter au mieux son rythme, la pédagogie Steiner-Waldorf s’organise en 3 cycles. Le premier, de 0 à 7 ans, est un temps de découverte de l’environnement par son expérimentation et par l’imitation des adultes. Ensuite, de 7 à 14 ans, les enfants sont invités à solliciter leur imagination et à développer leurs capacités artistiques pour connaître le monde. Enfin, le cycle de 14 à 21 ans accompagne l’émergence d’une pensée indépendante, d’un sens critique. L’adolescent entre dans le monde des idées.
Des principes pédagogiques tournés vers l’humain
En prônant une plus grande liberté, la pédagogie Steiner-Waldorf vise à ce que chaque enfant écoute et développe ses propres capacités. « Elles peuvent être intellectuelles, manuelles, sociales, artistiques… énumère Patricia Chalet. L’objectif, c’est que les individus découvrent leur potentiel, ce qu’ils aiment faire ainsi que leurs limites ; cela permet de déterminer au mieux son orientation dans la vie. »
Cette orientation amènera l’enfant, une fois devenu adulte, à trouver sa place dans la société, un élément essentiel de la pédagogie Steiner-Waldorf qui favorise l’entraide et l’ouverture au monde. « Nous voulons démontrer que l’on a tous une place dans la société, avec nos différentes compétences et facultés, souligne Patricia Chalet. On a besoin de chacun pour vivre ensemble.»
Steiner, fondateur de l’anthroposophie
Rudolf Steiner est également à l’origine de la société anthroposophique, créée en 1913. L’anthroposophie est une démarche spirituelle qui invite à l’introspection pour mieux se connaître et comprendre le monde. Ses principes ont été appliqués à l’éducation mais également à l’agriculture avec la biodynamie ou la cosmétique avec les produits naturels. « Le fondement, c’est le regard posé sur l’homme, résume Patricia Chalet. Mais si c’est un principe important dans nos écoles, nous n’y enseignons pas l’anthroposophie. » La pédagogie Steiner-Waldorf et cette démarche spirituelle sont donc distinctes.